Outre Francis Gag, depuis 1936 le théâtre Niçois de Francis Gag a profité du talent de plusieurs auteurs différents.
Chacun, selon l'époque, selon ses goûts, selon ses aptitudes, a oeuvré pour la langue niçoise et pour le public, désireux de retrouver à travers le théâtre ce qui constitue une part de ses racines.
Francis Gag le premier a écrit : Lou sartre Matafiéu, Lou vin dei padre, Ensin va la vida, Calèna, Les deux vieux, La pignata d'or, La marche à la crèche et Segne Blai e Guilhaumeta.
Barthélémy Marengo et Gustav-Adolf Mossa ont écrit : Lou Nouvé.
Victor Sayac a co-écrit : Calèna.
Pierre-Louis Gag a écrit : Lu bessoun et Titoun e Vitourina.
Jànluc Sauvaigo a écrit : L'or d'en Mascouinat.
Laurent Térèse a écrit : Una demanda en matrimoni, Chicoulata e virtù et L'escaramoucha.
Jean-Luc Gag a écrit : Titoun e Vitourina, L'oste de li Dama, Past en familha, Suchessioun, Santìssimou Bambino, Nouòça, amour e cinemà, Raça'stirassa, Gusta s'embila et Nice and Bella.
Hervé Barelli a écrit : Ahì ! et Doun van bèure li bèstia ?
Juriste de formation, Hervé Barelli est devenu historien par passion. Ainsi, il a consacré plusieurs ouvrages à l'histoire de Nice :
Raves, beurre et pissalat, Histoire du congrès et du siège de Nice, de leurs antécédents et de leurs conséquences (1516-1579) - Ed. Serre
Pepin Garibaldi, Le héros niçois - Ed. Serre
Histoire de l'identité niçoise, avec Roger Rocca - Ed. Serre
La cathédrale Sainte-Réparate de Nice - Ed. Serre
Lu grissin dòu Rei Vitour, en collaboration avec Monique Lombardo - Ed. Serre
Vieux-Nice, Guide historique et architectural - Ed. Serre
De même, il a traduit de l'italien la Storia delle Alpi marittime de l'abbé Pierre Gioffredo - Ed. Centre du Patrimoine, Ville de Nice.
Il est l'auteur de nombreux articles et études publiés dans Nice Historique et Lou sourgentin.
C'est au cours de ses multiples discussions avec Jean-Luc Gag que sont nées de nombreuses idées de pièces que le Théâtre Niçois a créées ces dernières années, dont il a effectué la mise en scène : L'oste de li dama, Past en familha, Suchessioun, Santìssimou Bambino, Nouòça, amour e cinemà, Raça 'stirassa, Gusta s'embila, Nice and Bella et Falabrac à la Victorine.
Il a aussi mis en scène les dernières représentations de Lou sartre Matafiéu, de L'or d'en Mascouinat et de Lou vin dei padre (sa première collaboration avec le Théâtre Niçois en 2000, pour laquelle il s'est d'ailleurs livré pour Nice Historique d'Octobre-Décembre 2000 à la rédaction de Notes de mise en scène : Lou vin dei padre, une oeuvre dans le siècle). "Comment Pierre-Louis Gag a-t-il décidé de traduire cette volonté en me confiant une mise en scène nouvelle, sans autre référence ? C'est là un mystère qu'il faut laisser aux affinités électives qui produisent la confiance et l'amitié."
En 2010, il offre sa première comédie dramatique, Ahì !, au Théâtre Niçois et la met en scène dans une série de représentations qui s'inscrivent dans l'année du 150e anniversaire de l'annexion de Nice à la France. En 2013, est proposée au public niçois une série de dix représentations de Doun van bèure li bèstia ?, comédie mettant en scène quelques Niçois éminents du début du XIXe siècle.
En mai 2015, il écrit et met en scène Crònica d'en riba de mar, sa comédie littorale créée par le Théâtre Niçois.
En décembre 2022, sa dernière création, Moussù Giordano, est proposée à notre public.
Né en 1900 à Nice, François Gagliolo le teinturier s'est fait Francis Gag, artiste : comédien, mime, chanteur, auteur, metteur en scène, poète, conteur... Francis Gag est populaire : par sa notoriété ; parce que c'est au peuple qu'il s'adresse ; parce c'est la sagesse et la sincérité du peuple qu'il dépeint avec tant de verve, de poésie, d'ironie et d'affection.
Afin de mettre en valeur la langue et la culture niçoises, il utilise le théâtre dialectal et fonde en 1936 sa propre troupe - le Théâtre niçois de Francis Gag - qui offre au public des pièces (Lou sartre Matafiéu, Ensin va la vida, Calena, Lou vin dei padre, La pignata d'or, Les deux vieux, La marche à la crèche), dont certaines sont reconnues comme des chefs-d'œuvre de la littérature d'Oc. En 1956, c'est avec le même souci d'honorer les traditions qu'il crée le groupe folklorique Nice la belle, recherchant infatigablement costumes, danses et musiques authentiques.
Son œuvre et sa vie sont viscéralement ancrées à Nice entre France, Provence et Italie : France, terre qui ouvrit ses bras au fils d'immigrés qu'il était ; Italie, terre souche de ses parents, lui ligure elle piémontaise ; Provence, terre de Mistral qui a redonné noblesse à sa langue ; Nice enfin, qu'incarnera toute sa vie durant Tanta Vitourina, personnage de commère virulente qui, sans vulgarité, égratignera de son franc-parler empreint de bon sens et de finesse ses contemporains ; Nice et son comté, qu'il connaît si bien et aime tant.
Rêveur humaniste, Francis Gag fera bénéficier les personnes âgées en détresse de sa notoriété et de celle de Tanta Vitourina : en 1962, il donne naissance à l'Œuvre des Petites Vieilles (qui deviendra ultérieurement la Fondation des amis de Tanta Vitourina) et parviendra à faire bâtir pour elles, avec la force de la générosité et du bénévolat, une maison de repos au Broc, sur la rive droite du Var.
Francis Gag, homme de bien et homme de foi, est décédé à Nice en 1988, la tête pleine de projets. Il a vécu dans le rêve en donnant vie à ses rêves, emmenant avec lui ceux qui se sont reconnus et se reconnaissent encore dans l'amour du comté de Nice et des siens. Il a ainsi tracé un sillage que suivent toujours avec enthousiasme ceux pour qui ses valeurs sont éternelles.
"Au fond, la vie, c'est un rêve... Ou plutôt, la chance, quelquefois, permet qu'on la considère comme un rêve et qu'on la conduise comme un rêve... C'est ce que j'ai fait toute ma vie... Je suis un rêveur impénitent..."
Né à Nice en 1963, Jean-Luc est immergé dès son plus jeune âge dans la tradition familiale, montant sur les planches pour incarner Petoulin, le mousse bègue de Calèna. Bien d'autres rôles suivront, jusqu'à incarner en 2011 le professeur Rafaèu dans Chicoulata e virtù, Toumas, personnage colérique et mysogine dans L'escaramoucha en 2012, le comte Spitalieri de Cessole dans Doun van bèure li bèstia ? en 2013, l'avocat Mosca dans Lou relori en 2017 et le comte Laurenti de Bairols dans Moussù Giordano en 2022.
C'est cette immersion précoce qui déterminera vraisemblablement son choix de vie : en 1997, il change de direction : devenu enseignant, il fait découvrir aux jeunes Niçois leur langue et leur patrimoine. Parallèllement, il travaille avec son père Pierre-Louis à l'adaptation de sketches de Francis Gag. En 1998 sera jouée Titoun e Vitourina.
Le goût de l'écriture ne le quitte plus et, de 2001 à 2016, seront créées dix de ses pièces : L'oste de li dama en 2001, Past en familha en 2003, Suchessioun en 2005, Santìssimou Bambino en 2006, Nouòça, amour e cinemà (deuxième volet de la trilogie après Past en familha) en 2008, Raça 'stirassa en 2010, comédie très légère inspirée de Carlo Goldoni, d'après un projet de Francis Gag datant de 1985. En 2012, a été présentée Gusta s'embila, troisième volet de la trilogie après Past en familha et Nouòça, amour e cinemà (lire son interview à ce sujet). Sa comédie Nice and Bella, contemporaine et bilingue, mettant en scène des femmes seulement, a été présentée au public en 2014. En 2016, il compose et met en scène, à partir de manuscrits inédits, enregistrements audio et vidéo de son grand-père, une comédie à sketches, Victorine et Titoun : mai aquì ! En 2018, il met en scène avec Cathy Ferrandi le spectacle-hommage écrit par sa fille Marie : Francis Gag, sempre. En 2019, il écrit Falabrac à la Victorine, comédie-péplum qui s'inscrit dans la célébration du centenaire des studios de la Victorine par la Ville de Nice.
Ses choix d'écriture sont clairs : comme l'indiquent les statuts du Théâtre Niçois, il veut "maintenir et illustrer le dialecte niçois". Pour cela, comme l'avait d'ailleurs fait Francis Gag dans La marche à la crèche en 1964, il insère fréquemment dans ses pièces du français, permettant un accès plus facile pour qui ne maîtrise pas parfaitement la langue. Un choix qui contribue vraisemblablement au renouvellement et au rajeunissement du public de la troupe.
Ses activités au service du Théâtre Niçois sont multiples : comédien, auteur, metteur en scène occasionnel, il s'efforce, avec son père Pierre-Louis et sa fille Marie désormais, de coordonner les actions de tous les bénévoles.
En juin 2011, il a été désigné Grand Lauréat des Grands Jeux floraux par le Félibrige, qui a voulu récompenser son oeuvre théâtrale au service de la langue d'oc.
Depuis 1878, se déroulent tous les sept ans les Grands Jeux Floraux du Félibrige, mouvement fondé en 1854 par Frédéric Mistral (Prix Nobel de Littérature en 1904). Le Félibrige, qui a pour objectifs la sauvegarde, l’illustration et la promotion de la langue et de la culture spécifiques des pays d’oc, a donc organisé cette année les Grands Jeux Floraux dans le cadre des festivités de la Sainte-Estelle 2011 aux Saintes-Maries-de-la-mer en Camargue.
Il s'agit d'un concours d'oeuvres d'écrivains de langue d'oc, qui présentent leurs réalisations dans sept catégories : Poésie, Prose, Théâtre, Etudes, Pédagogie, Chanson, Vidéo, Diaporama. Le jury attribue donc un premier prix pour chaque catégorie. Ce 11 juin, c'est donc Jean-Luc Gag qui a été distingué dans la catégorie Théâtre, pour les pièces écrites au cours des sept dernières années.
Il a ensuite été désigné parmi les lauréats comme le 20e Grand Lauréat et Maitre en Gai-Savoir depuis 1878. Dans son discours au Palais des Congrès des Saintes, il a évoqué à la fois ses illustres prédécesseurs et la mémoire de son grand-père Francis Gag.
A cet honneur fut associé le privilège de choisir la nouvelle Reine, "Gento Reino" qui représentera le Félibrige pour les sept ans à venir en la personne d'Angélique Marçais.
Les Palmes académiques lui sont ensuite remises en 2013 pour son engagement d'enseignant, par Steve Betti, Conseiller du Recteur (voir un extrait vidéo).
L'année suivante, Christian Estrosi, Maire de Nice, lui propose de s'engager à ses côtés (voir un extrait vidéo). Dans la logique de son engagement, il accepte et se voit confier les délégations au Patrimoine historique, aux Archives, à la Littérature et aux Bibliothèques, à la Lutte contre l'illettrisme, au Théâtre et à la langue niçoise, auxquelles s'ajouteront ultérieurement celle de l'Archéologie et celle de l'Accueil des nouveaux Niçois.
En 2017, il reçoit le Grand Prix Littéraire de Provence de l'Association Culturelle de Provence, après un élogieux discours de Jean-Luc Domenge, Majoral du Félibrige.
En 2019, il reçoit le Prix Eugenio Montale Fuori di casa.
Après les élections municipales de 2020, à la demande du Maire de Nice réélu, il devient Adjoint à l'Education, à la Culture à l'école, au Livre, à la Lutte contre l'illettrisme, à l'identité niçoise et aux Loisirs pour tous. A la Métropole Nice Côte d'Azur, il est délégue à l'identité et aux traditions métropolitaines.
Née à Nice en 1995, Marie emboite très tôt le pas de son père Jean-Luc, de son grand-père Pierre-Louis, de sa grand-mère Francine, et par conséquent de son arrière grand-père Francis. C’est en effet à onze ans qu’elle foule les planches pour la première fois, dans Santìssimou Bambino. Elle sera ensuite Angélica dans Raça ‘stirassa, Jeroumina dans Chicoulata e virtù, Matilda Spitalieri de Cessole dans Doun van béure li bèstia ?, Chloé dans Nice and Bella, Pisinoua la sirène dans Crònica d’en riba de mar et Victorine jeune dans Victorine et Titoun : mai aquì !
Dès 2012, elle s’implique aussi dans le groupe folklorique Nice la Belle, avec lequel elle danse et chante, dans le comté de Nice comme dans le monde entier. Participant en 2016 à l’élection de la Payse de France, elle est élue Demoiselle d'honneur.
Passionnée par la scène, elle prolonge ses études et bascule du commerce vers l’Université (Arts du spectacle) et le Conservatoire (Art dramatique), avant d’entamer une année en école de théâtre à Londres.
Lorsque le projet de rendre un hommage à Francis Gag à l’occasion des trente ans de sa disparition est évoqué, elle choisit d’écrire Francis Gag, sempre, spectacle qui associera le Théâtre Niçois, Nice la Belle et Solidarité Francis Gag en décembre 2018.
Né à Nice en 1936, Pierre-Louis incarne aux côtés de son père de multiples rôles au sein du Théâtre Niçois jusqu'à ce jour de 1983 quand, entouré des membres de la troupe, de ses amis, de sa famille, Francis Gag annonce qu'il lui cède les rênes de la troupe.
Celui-ci assume donc désormais la présidence de la troupe, fonction qu'il remplira de manière "classique" jusqu'au décès de Francis Gag.
En 1988, conscient que la disparition de son fondateur risque de sonner le glas de la troupe, il décide de montrer au public que le Théâtre Niçois de Francis Gag parviendra à vivre sans lui. Ainsi, de 1989 à 1996, sont présentées à son instigation toutes les pièces du répertoire.
Comprenant que l'avenir de la troupe réside dans le renouvellement et dans la création, il franchit un nouveau cap et s'attelle en 1996 à adapter une farce de Barthélémy Taladoire inspirée de Plaute : Les ménechmes. Cette pièce, jouée peu de temps auparavant par la troupe "Le racine carré" dirigée par José Ferrandi, ancien acteur et metteur en scène du Théatre Niçois, deviendra Lu bessoun, créée sur la scène du Théâtre municipal Francis Gag en 1997 avec succès.
Il persévère donc et, en 1998, est jouée Titoun e Vitourina, comédie qu'il a écrite avec son propre fils Jean-Luc à partir de sketches de Francis Gag.
Le succès de ces deux premières tentatives amènera Pierre-Louis Gag à solliciter Jànluc Sauvaigo, poète, musicien, aquarelliste pour qui Francis Gag avait une grande estime. Cette nouvelle collaboration aboutira à la création de L'or d'en Mascouinat en 1999.
L'élan donné par Pierre-Louis est décisif : en 19 ans, de 1997 à 2016, pas moins de dix-huit créations ont été présentées, en parallèle avec le répertoire de Francis Gag, partie intégrante du patrimoine niçois.
Barthélémy Marengo fut un rénovateur du théâtre niçois. Après avoir été élève de l'Ecole des arts et métiers d'Aix-en-Provence, il prit des cours de dessin avec Alexis Mossa et de déclamation avec Caristi-Martel. Il devint peintre-décorateur au Casino de Monte-Carlo, puis conducteur de travaux à la compagnie des Eaux. Homme de théâtre complet, il fut auteur, acteur, décorateur et directeur de la troupe des Pionniers de Jeanne d'Arc. Ce fut dans la salle des oeuvres de cette paroisse que fut créé le 22 novembre 1922 Lou Nouvé o sia lou pantai de Barb'Anto, mystère inspiré du Presepi et écrit en collaboration par Marengo avec G.-A. Mossa. La troupe, rebaptisée "Compagnia nissarda de theatre dialetale", joua ensuite Maridan Netta et Camomia de Pimount, pièces dues au seul Marengo. Celui-ci, jeune encore, fut emporté par une congestion cérébrale.
in Les Niçois dans l'histoire
sous la direction de Michel Derlange - Ed. Privat
Artiste et écrivain d'expression française et nissarde, fils d'Alexis Mossa, il étudie à l'Ecole Nationale des Arts Décoratifs de Nice et en est diplômé. Il peint en compagnie de son père et reproduit un grand nombre de paysages niçois, tout en commençant à écrire des comédies fantaisistes. (...)
Lui qui dessine des maquettes de chars de Carnaval depuis 1902 et le fera jusqu'à sa mort, revient sur le plan littéraire à l'inspiration fantaisiste de ses débuts, s'intéresse à Rabelais, à La Fontaine, à Boccace et effectue un retour à l'optimisme doublé de la redécouverte de la culture populaire et régionale qui aboutit à l'écriture, en collaboration avec son ami Barthélémy Marengo, d'une pastorale en nissart, Lou Nouvé o sia lou pantai de Barb'Anto (1922). Cette pièce donne le signal du renouveau du théâtre dialectal. Le succès l'encourage à adapter pour la scène La Nemaïda de Rancher (1923), puis à fonder et à diriger "Lou teatre de Barba Martin". Jusqu'en 1940, la troupe jouera ses comédies dialectales (Phygaço, La Tina, L'Anticari, Lou Rei Carneval) qui se caractérisent par leur humour, leurs qualités dramaturgiques et la richesse de leur thématique folklorique. "Barba Martin" monte également des pièces de Francis Gag (Lou sartre Matafiéu), de G. Boréa (L'esprit foulatoun), de G. Delrieu (Fai calà, Li fachenda de Picalé, etc.), sans oublier les spectacles de chansons traditionnelles ou modernes (de Louis Genari et de G. Delrieu). (...)
Dans le domaine pictural, Mossa a apporté au symbolisme finissant une contribution exceptionnelle ; sur le plan dramatique, il est l'une des personnalités marquantes du théâtre d'Oc de l'entre-deux guerres.
Rémy Gasiglia,
in Dictionnaire historique et biographique du Comté de Nice - Ed. Serre
A partir des années soixante-dix, la culture niçoise et plus généralement occitane, va connaître un regain, au travers de ce que l'on appellera la "nòva canson occitana". Les jeunes générations vont développer un terrain d'expression plus social et revendicatif, s'inscrivant dans l'élan anti-conformiste de mai 68. Si on parle du pays niçois, c'est aussi en l'associant à des thèmes plus universels, en utilisant des styles musicaux s'approchant souvent du blues. Autre signe distinctif, les écrits se feront en graphie occitane, plus radicale, délaissant la graphie mistralienne francisante utilisée précédemment dans ce XXe siècle. Le chanteur et chanteur Jànluc Sauvaigo sera le précurseur de cette période. Il enrichira le répertoire niçois de chansons fortes notamment au travers de ses rencontres avec les musiciens Bernard "Tuck" Certano et Patrick Vaillant. Il mettra en scène les personnages de Félis Galean et Noré Ciais, héros mythiques d'une ballade où l'amitié l'emportera sur l'adversité et les promoteurs immobiliers. Il rendra également hommage au "héros romantique niçois" Pepin Garibaldi, avec entre autres Lo sirventès de Pepin de Nissa. Il narrera également l'histoire du Pastre Joan Pepin, assassiné par "un pòrcas", laissant ainsi les alpages aux toutes nouvelles stations de ski.
in Anthologie de la chanson du Comté de Nice - Ed. Serre
Albert Tosan, Gaël Princivalle, Frédéric D'Hulster
Joan-Luc Sauvaigo est né à Nice en 1950. Il écrit, chante et dessine en occitan depuis quarante ans. Il écrit depuis l’extrême orient occitan, dans un niçard soigneusement cultivé, mais ouvert à tous les mots du monde. Imprégné de surréalisme, nourri de la contre-culture américaine et de sa musique, jazz, blues, folk, rock, ce “beatnik perdu de la nissarditude” n’a cessé de créer sous la constellation d’une double utopie : poésie et Révolution, à laquelle il est resté obstinément fidèle. Avec l’élégance désespérée du dandy, l’autodérision permanente du paillasse, la mélancolie déchirante du looser magnifique, Joan-Luc Sauvaigo s’inscrit dans la lignée des nomades immobiles, des grands rêveurs du quotidien et des poètes maudits. Doublement maudit d’être occitan. Parmi ses livres : Seba ! (1972), Quieta còla & Cie (1974), Sus la brua / À la limite (1984), D’una làupia / D’une treille (1984), Lo Cat, lu Piratas & lo Mago / Le Chat, les Pirates & le Magicien (1989), Un ser fodrat de verd’ espera / Un soir doublé de faux espoir (1993), Faulas de Nissa / Fables de Nice (1995).
France-Occitanie, voixdelamediterranee.com
Jànluc Sauvaigo est tout ceci : écrivain, chanteur-compositeur, poète, aquarelliste, dessinateur, re-créateur de la revue "la Ratapinhata", mais aussi...
il a largement contribué à l'édification du Parc des miniatures à Nice...
il a écrit le film Going back to Nissa la Bèla...
il est l'auteur de L'or d'en Mascouinat pour leThéâtre Niçois, comédie dans laquelle il a endossé lors de la création en 1999 le rôle de l'usurier Courpatas (un véritable rôle de composition !) avec un rare talent...
il est co-organisateur du Championnat du monde de Pìlou organisé à Nice le 14 juillet 1987...
Il est enfin et surtout notre ami.
" Mais tout comme Gag, je savais à peine marcher que mon brave homme de père m'a mené au présèpi, celui joué dans une salle du café Falicon, aux Baumettes (...) C'est même à ce présèpi, je suis sûr, que j'ai attrapé le virus des planches !
Alors, un beau jour, j'ai dit à Gag : " Et si nous écrivions une nouvelle pastorale où nous conserverions l'esprit du terroir accumulé par les années, en nous inspirant des traditions que nous apporte le présèpi, mais où nous ajouterions un élément nouveau : celui de personnages parlant français, que nous supposerions être les premiers hivernants venus à Nice et que nous mêlerions aux personnages niçois dans une marche vers Bethléem ?... "
En cette matière, il ne faut reculer devant aucun anachronisme. Au contraire.
" Du coup, poursuivis-je, cette pastorale pourrait réunir et des acteurs du Théâtre Gag pour tenir les personnages niçois et des acteurs du Cercle Molière pour tenir les autres rôles. "
C'est pourquoi a été créé, le 23 décembre 1934, Calèna, conte de Noël en cinq actes, auquel Me Louis Genari, ancien bâtonnier du barreau de Nice, a apporté à Gag et à votre serviteur le précieux complément de couplets ravissants et d'une musique adorable. "
Victor Sayac, Directeur artistique du Cercle Molière de Nice
in Le théâtre amateur, n° 30, décembre 1936
Né en 1938 à Nice, Laurent a un père teinturier, comme Francis Gag.
A l'occasion d'un banquet professionnel, chez Trombetta à la Madeleine (mondialement connu à Nice), Francis sollicite son collègue Titin : « Lou mi dounerìes, lou tiéu enfant ?
- E que n'en farìes ? » lui répond Titin.
Francis Gag travaille alors à la création du groupe folklorique Nice la Belle, sur la demande du maire Jean Médecin. Il recherche donc des jeunes pour prendre part à l'aventure.
Celle de Laurent commence alors : membre actif de Nice la Belle, il devient acteur puis pilier du Théâtre Niçois, dont il est depuis bien longtemps le vice-président et dans lequel il jouera en plus de cinquante ans de nombreux rôles.
Il ne se cantonnera pas au jeu : il mettra en scène plusieurs pièces du Théâtre Niçois, anciennes et créations, et se lancera dans l'écriture. En 2006 sera jouée Una demanda en matrimoni, puis en 2011 Chicoulata e virtù, comédies qu'il mettra aussi en scène. En 2012, sa nouvelle création sera présentée au public niçois les 14, 15 et 16 décembre : il s'agit de L'escaramoucha, comédie à trois personnages adaptée de L'ours, d'Anton Tchekhov.